Usé par les hommes. Par le bruit qui rend fou. Usé par la vie. Par les hurlements. Usé par le silence. Usé par le vent. Usé par l'oubli. On oublie pourtant qu'un jour on s'est aimé, qu'un jour on a vécu, que la vie est passée,que le passé n'est plus qu'un jour on s'est aimé, que ce jour n'est plus qu'une postérité noyée dans l'inconnu.
Usé par un monde qu'on ne comprends plus, qu'on a jamais compris mais qu'il continue à tourner encore.A tourner toujours plus à faire tourner la tête à nos âmes perdues, a nos c½urs qui appellent et hurlent au secours mais non, y'a plus de ciel. Et non, y a plus d'amour et plus que des troupeaux, des vendus, des vautours, des vendeurs de merveilles et des joueurs de tambours.
Usé par l'avenir, usé par un meilleur qui ressemble au pire. Et oui, ça fait mal au coeur ! Usé par l'ironie qui tua ma jeunesse, usé par la comédie, usé par les promesses, usé par la folie, usé par le dégoût, usé d'être incompris, de marcher à genou, usé par l'usure, usé par les regrets, d'avoir fui l'aventure, d'avoir fui la beauté. Te voilà qui reviens, te voilà toi mon frère qui me dit "prends ma main", marchons vers la lumière.
Et le coeur plein d'espoir et le coeur infini, on oublie qu'il fait noir alors enfin on vit. Et loin de leur tambours, et loin de l'inhumain on redevient fou à chaque matin. Un jour on s'est aimé et ce jour c'est demain, un jour d'humanité, un jour de gloire. Un jour d'humanité, un jour d'humain.